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À la recherche du Graal !

Le Graal… Pour moi en tant que fondu de moto, ça revient à trouver LA moto. Celle qui comblera tous mes besoins, me fera vibrer quand je la verrai dans mon garage ou chaque fois que je l’enfourcherai.

Je crois que je l’ai trouvée… Allez je vous emmène avec moi dans ma quête !

Moi c’est Paulo, 33 ans. Je suis féru de moto depuis que mon père m’a posé les fesses sur sa première et unique machine, une Honda MTX-R 125 de 1987, quand je devais avoir 7 ou 8 ans. Depuis, la moto est devenue une passion, un besoin « vital ». De ces premiers temps, je garde le souvenir de balades dans les chemins en passager, l’odeur et le son du 2-temps dans la forêt au-dessus de la maison familiale, une époque où les interdictions ne poussaient pas aussi vite que les ronds-points dans les campagnes… 

Ça y est, le virus m’a piqué et je me revois recouvrir la tapisserie de ma chambre de posters, d’images de motos découpées dans les magazines, le tout en rêvant sur un article à propos de la Yamaha YZ80, dans une revue que je laissais ostensiblement posée ouverte sur ma table de nuit. Dans l’espoir que…

À mes 14 ans, mes parents m’offrent finalement une Suzuki RMX 50. BSR en poche, me voilà parti pour arpenter les chemins des alentours, me prendre pour Stefan Merriman (multiple champion d’enduro de l’époque) et accompagner mon père.

À 16 ans, passage du permis 125 et me voilà sur une Honda 125 CRM de 1997. J’ai adoré cette machine même si je l’ai utilisée principalement sur route sans trop la respecter (jeune c**), d’où un serrage moteur et la découverte de la mécanique, puisqu’il faut bien réparer.

À 18 ans, j’obtiens mon « permis gros cube » : je me vois déjà sur la route au guidon de mon fougueux destrier (en l’occurrence une Kawasaki ZR-7 repéré en concession) mais la sentence tombe. Pas de moto à la maison, mes parents ont finalement trop peur. La CRM part dans la foulée. Mon monde s’écroule. Les images et autres posters disparaissent des murs en une journée et la tristesse m’envahit…

Mais la passion est là, c’est trop tard. Deux ans plus tard, mon premier « vrai » travail en poche et beaucoup d’économies dépensées, me voilà de nouveau sur roues, cette fois avec une Suzuki SV 650 S de 2001.

Apprentissage difficile du bicylindre, première chute, première galère aussi… La moto a le défaut de cette génération : elle prend l’eau par la bougie du cylindre avant. Finalement très vite revendue, elle est remplacée trois mois plus tard par une Yamaha FZS 600 Fazer de 2002 qui m’accompagne en région parisienne, où ma vie professionnelle m’amène. J’ai tout simplement adoré cette moto. Découverte des road trips, trajet boulot quotidien par tous les temps (la moto est mon seul moyen de transport), balade seul ou à deux. La machine prend 20 000 kilomètres en deux ans, jusqu’à ce qu’une chute sur une flaque de gasoil me donne l’envie d’en changer.

Je veux quelque chose de plus sportif mais la Yamaha R6 n’est pas dans mon budget et la Kawasaki ZX-6R ne me plaît pas plus que ça. J’opte pour une Honda CBR600F de 2002. Là encore, excellent choix. Ultra fiable et un son terrible grâce au pot MIG ! Je la garde le même temps pour le même kilométrage. Je la revends en pensant être arrivé aux limites de la machine (oui, toujours jeune et c**) et je m’achète ma machine de rêve, ce qui, je pense alors, est mon Graal : la Suzuki GSX-R1000 de 2001.

Nous sommes alors en 2014. J’ai adoré cette moto. Un moteur de fou, une ligne magnifique, du confort. Mais elle demande aussi quelque chose que je n’ai pas encore,  et que je vais apprendre douloureusement : de l’expérience et du contrôle. Alors que je pense maîtriser (je suis quand même le Rossi de mon quartier, ce qui n’est pas dur quand on est le seul motard…), je m’envole avec la moto sur une route de campagne à cause d’un excès d’optimisme. Moto bien amochée mais le bonhomme n’a rien. Je la refais alors entièrement dans mon garage avec l’aide d’un bon ami mécano, mais les aléas de la vie familiale font que je dois malheureusement m’en séparer dans la foulée.

Quelques mois plus tard, alors que ma vie est reconstruite ailleurs, commence une longue période durant laquelle vont se succéder plusieurs motos. Je ne garderai aucune machine plus de 6 mois. Toutes m’ont laissé d’excellents souvenirs mais aucune ne comblait finalement mes besoins. Dans l’ordre, on a une Suzuki GSR 600, une Suzuki GSX-R750 SRAD de 1996, une Kawasaki Z750 de 2003, une Yamaha R1 de 2003. C’est avec elle que j’ai compris que je préfère un bon châssis à un bon moteur. C’est aussi elle qui m’a fait comprendre que mon « Gex 1000 » n’est pas mon Graal. Je roule ensuite avec une Honda CB1000R. Un très gros accident avec cette dernière me fait opter pour quelque chose de plus « calme », une Yamaha 1200 V-MAX de 1992, avant de revenir sur une Kawasaki Z750 de 2011.

Plusieurs années passent, avec plusieurs motos essayées, d’autres possédées, mais il me manque toujours quelque chose. Avec les conditions hivernales et un trajet quotidien de 130 kilomètres, la Kawasaki Z750 manque de protection même si j’aime cette moto. Je prends la décision de la changer, mais cette fois je réfléchis ! Une grande première ! Il me faut de la protection, de l’autonomie, de la sportivité, mais aussi du confort, un moteur qui pousse (sans forcément avoir un missile), de la fiabilité, une moto du quotidien, capable de voyager seul ou à deux, mais qui me permette aussi d’arsouiller. Et qui me plaise visuellement ! 

À l’énonciation de tous ces critères, je me rends vite compte que deux catégories me correspondent : les trails « routiers » et les sport-GT (les routières ne m’inspirent pas). J’essaye alors la Yamaha Tracer 900 et tombe en adoration. Mais par souci d’assurer mon choix, j’essaye les deux machines que j’ai dans la tête à ce moment-là. Il s’agit de la Kawasaki ZZR1400, véritable TGV sur roue, mais éliminée à cause de son encombrement (les joies des bouchons parisiens) et la Kawasaki Ninja 1000SX. Cette moto est une révélation ! Elle remplit tous mes critères à la perfection. Ça y est, je l’ai mon Graal ! Un modèle 2013 devient donc mien en mai 2020. Depuis, ce sont déjà 6000 km parcourus.

La fameuse Kawasaki Ninja 1000SX !

La Kawasaki est épaulée dans mon garage par l’arrivée de la Honda MTX-R 125 de mon père (vous vous souvenez, celle qui m’a donnée le virus !) et une Yamaha YZ250 de 2004 de cross en cours de restauration.

C’est là, à ce moment précis où toutes les trois ont été réunies dans mon garage, que j’ai compris que la recherche n’était toujours pas terminée. Chacune de mes machines correspond à un besoin : la 1000cc pour le quotidien et la route, la MTX-R pour les chemins et le souvenir, la YZ pour mon besoin de tripoter la mécanique et mes rêves de terrain de cross.

Chaque jour, je vois ces machines dans mon garage, et chaque jour la même question : finalement, est ce que ça y est ? Est-ce que j’ai réussi ? Mon Graal ne serait-il pas finalement l’incarnation de plusieurs machines ?

Je n’ai pas la réponse, peut-être que je ne l’aurai d’ailleurs jamais. Une chose dont je suis sûr, c’est que la passion qui m’anime, d’autres la partagent, font la même recherche, et il semble que personne n’ait vraiment réussi cette recherche. Une autre seule chose dont je suis certain, c’est qu’aujourd’hui comme hier, les yeux pétillent quand j’ouvre mon garage, quand je monte sur une de mes machines, mais aussi quand je regarde les nouveautés, mais aussi les motos mythiques sur les sites d’annonces, dont le plus célèbre a le droit à une visite hebdomadaire.

Finalement, la quête n’est pas finie, elle fait juste une étape. L’aventure continue…

 


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Rédigé par Paul Posichon

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