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Des bottes de paille aux airbags : la sécurité aujourd’hui

On a certainement tous vu ces images. Une monoplace scindée en deux et un pilote coincé dans les flammes de sa voiture, pour s’en extirper quelques 28 secondes plus tard, sain et sauf. Un miracle diront certains, le résultat de ce qu’il se fait de mieux en matière de sécurité diront les autres.

Les circuits

© just1_pics

Mais voilà, la Formule 1 est un sport, le MotoGP en est un autre. Le fait est qu’une voiture de F1 n’expose généralement que la tête du pilote, quand les pilotes de motos s’exposent entièrement.

Si la pratique de la moto de vitesse (et de la moto en général) est légitimement considérée comme plus dangereuse, les pilotes se blessent beaucoup moins gravement qu’il y a 20 ans. Mais à quoi est-ce dû ?

Premier point, les progrès effectués par les circuits partagés par les deux disciplines. Les circuits bénéficient aujourd’hui d’aménagements ainsi qu’une organisation des secours qui rendent plus sûre la pratique à (très) haute vitesse. Dégagements, panneaux lumineux bientôt généralisés et obligatoires sur les circuits, caméras, voitures de sécurité et médicales sont autant de dispositifs ajoutés au fil des années qui ont pu réduire considérablement les risques.

Le dashboard (tableau de bord) est également un élément supplémentaire de sécurité : des messages peuvent y être communiqués, comme un drapeau jaune ou un drapeau rouge.

Dernier point et non des moindres : les commissaires de piste. Ce ne sera jamais assez répété mais sans eux, pas de week-end de course. Au-delà d’agiter les drapeaux essentiels à la compréhension des événements en piste (danger, changement d’adhérence, arrêt de la course, etc), ils sont également formés à porter assistance aux pilotes, éteindre les incendies, récupérer les pièces sur la piste en plus de la nettoyer si des fluides y ont été déversés.

L’équipement des pilotes

L’airbag

Dans un second temps, les autres progrès considérables apportés à la sécurité concernent l’équipement des pilotes. Et la plus grande avancée reste sans aucun doute l’arrivée de l’airbag, dont le port a été rendu obligatoire en 2018 pour toutes les catégories, du Moto3 au MotoGP.

Intégré à la combinaison, ce dispositif se déclenche en une fraction de seconde à partir du moment où les capteurs de l’airbag détectent quelque chose d’anormal. C’est simple, l’airbag se gonfle avant que vous n’ayez touché le sol !

L’exemple le plus marquant de cette saison 2020 aura probablement été le saut de Maverick Viñales de sa moto durant le Grand Prix de Styrie, à 218 km/h, quand sa machine ne freinait plus en bout de ligne droite des stands.

© Alpinestars & motogp.com

On ne peut que supputer sur ce qu’aurait subi le pilote de la Yamaha n°12 sans son airbag, mais le fait est qu’il s’est relevé sans blessures et a pu continuer sa saison sans encombre. 

Actuellement, il n’y a que trois fabricants d’airbags pour les concurrents des trois catégories, à savoir : 

  • Alpinestars avec le Tech-air
  • Dainese et son D-Air
  • Ixon et sa technologie en partenariat avec In&Motion

(Pour la petite anecdote, un freinage à pleine puissance d’un pilote de GP équivaut, pour un motard lambda, à un choc à 50 km/h !)

La combinaison

C’est un élément crucial pour la sécurité… mais vous le saviez sûrement déjà, non ? Au-delà de son côté bariolé mettant en avant les sponsors et les couleurs de l’équipe (de manière très graphique, il faut l’avouer), une combinaison va aussi bien intégrer l’airbag que la poche d’eau des pilotes pour s’hydrater en course.

Constituée de plusieurs pièces de cuirs (de kangourou pour les produits haut de gamme au cuir de bovin), de zones « stretch » pour la mobilité et de renforts sur les épaules, les coudes et les hanches, la combinaison sera une protection essentielle lors d’une chute de par son importante résistance à l’abrasion

D’ailleurs, qui a dit que les pilotes ressemblaient à des super-héros dans leurs combinaisons ?

Le casque

© just1_pics

Sûrement le point le plus important pour les pilotes ! Ces derniers sont d’ailleurs libres de travailler avec la marque qu’ils souhaitent du moment qu’elle est reconnue par la FIM en terme de sécurité.

Décoré selon la personnalité du pilote ou pour un événement spécifique, le casque va devoir amortir les chocs les plus importants, tout en se devant d’être aussi aérodynamique et confortable que possible. Sacré dilemme, n’est-ce pas ?

Ces deux dernières années, les ailerons n’ont pas poussés que sur les motos, ils ont aussi fait leur apparition sur les casques, afin d’améliorer la trainée aérodynamique du pilote en ligne droite, tout en permettant une meilleure stabilité à haute vitesse. 

Constitué principalement de fibre de carbone, d’aramide ou de polyuréthane (chaque constructeur a sa petite recette), d’un système pour retirer le casque sans risquer de porter atteintes aux possibles lésions d’un pilote ayant chuté, ces objets font la part belle à l’ingénierie et la sécurité. 

La question de savoir si ces nouveaux casques racing avec ailerons plaisent ou non est du goût de chacun, mais ils ne laissent pas indifférent. Et entre nous, qui n’a jamais rêvé, un jour, de posséder un replica de son pilote favori ?

Les gants

© just1_pics

Là aussi, les choses ont bien changé. Fini les petits gants en cuir, place à la technologie !

Plein cuir comme pour les combinaisons, les gants profitent aussi d’ajouts de parties en carbone sur le dessus des mains et de renforts sur les paumes pour les longues glissades.

Avec une fabrication sur mesure (comme pour les mousses des casques), le confort ne se néglige pas à ce niveau pour assurer des sensations maximales une fois au guidon.

Les bottes

Les bottines en cuir simple, c’est du passé ! 

Aujourd’hui, qu’on choisisse de passer ses bottes sous ou par-dessus la combinaison, mieux vaut que ce soit des chaussons. 

On retrouve une multitude de petites choses destinées à apporter confort et sécurité au pilote. Des semelles grip en collaboration avec des manufacturiers de pneumatiques, des systèmes anti-torsion de chevilles, une doublure respirante en mesh, un système de laçage rapide, des renforts au niveau du sélecteur, etc : la liste est bien plus longue qu’un menu de restaurant gastronomique !

Un petit bilan ?

Dans cet autre article du site MOTTO, pour l’année 2020 de GP, on dénombre un total de 722 chutes toutes catégories confondues.

D’ailleurs, on peut y voir aussi qu’en 2017, il a été enregistré un total de 1126 chutes ! Étonnant, non ?

Le fait est que si le risque zéro n’existera peut-être jamais, les améliorations (aussi bien mécaniques que de sécurité) de ces 10 voire 20 dernières années permettent aux pilotes de pousser toujours un peu plus loin les limites, car les risques d’accidents graves sont nettement moins importants dans l’ère moderne par rapport à l’époque du Continental Circus. 


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Rédigé par Justin Cadillon

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