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Arenas titré d’un rien, Fernandez prêt pour le Moto2 !

GP du Portugal – Portimao – Course

Quelle course ! Quelle folie ! Jusque dans les derniers mètres de ce GP du Portugal, le champion du monde Moto3 2020 a donné tout ce qu’il avait… quitte à prendre des risques (qu’il ne savait pas) inutiles !

Albert Arenas, après avoir mené la quasi-totalité de la saison, arrivait à Portimao avec 8 points d’avance sur Ai Ogura, 11 sur Tony Arbolino. Un avantage fragile eu égard à l’intensité des courses Moto3.

Après un début de course solide, Arenas baisse soudain le rythme et semble en proie au doute. Il se retrouve en bagarre au cœur d’un peloton d’énervés, dont Ogura, Arbolino, remonté de sa 27e place sur la grille, ou encore les pilotes Leopard Honda, Jaume Masia et Denis Foggia, revenus de deux « long lap penalty » (réalisés en binôme dans le quatrième et le septième tour) en raison d’un pilotage jugé irresponsable en FP2.

Les dépassements, multiples, sont chauds-bouillants. On se demande qui va sortir indemne de cette guerre sans merci. 

À l’attaque du dernier tour, Arbolino pointe 6e, Arenas 7e et Ogura 9e. Les quatre leaders sont loin devant et Arenas, s’il termine en queue de peloton (12e) est assuré du titre quoiqu’il arrive. Mais ça, il ne le sait pas !

Évidemment, tout s’anime… et Arenas se retrouve 12e en l’espace de quelques virages. Il attaque désespérément, frôle la chute à plusieurs reprises. Lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée à la 12e place, un regard vers le staff Aspar, déchaîné sur le muret des stands, lui permet de comprendre qu’il est titré. Pour quatre minuscules points, sur Ogura comme sur Arbolino (qui paie ici très cher le fait d’avoir manqué le GP d’Aragon après avoir été identifié comme contact proche d’un passager infecté par la Covid-19 sur son vol Paris-Milan après le GP de France), mais il est titré !

En fait, Arenas n’a pas douté. Il a juste souffert au guidon d’une machine difficile à piloter : « C’est incroyable. Je vais avoir besoin de temps pour le croire, respire Arenas dans le parc fermé. Au début, je faisais une belle course, je prenais beaucoup de plaisir. Puis, arrivé un moment, le pneu arrière a perdu son grip. La moto est devenue inpilotable, je ne comprends pas ce qui est arrivé. C’était dur. »

Le groupe derrière est revenu, il y a eu cette bataille avec Toni [Arbolino]. Et puis le dernier tour, hou…

Albert Arenas

Encore plus fou : si Arenas avait chuté dans ce dernier tour, Arbolino (finalement 5e de ce GP) et Ogura (8e) seraient arrivés à égalité parfaite de points avec l’Espagnol. Mais Arenas aurait quand même été sacré grâce à un nombre de victoires (au nombre de trois) supérieur !

Raul Fernandez, vainqueur incontestable aujourd’hui – © KTM

Arenas est champion, mais Raul Fernandez se fait remarquer en s’imposant de façon magistrale pour sa dernière apparition en Moto3 : parti seul en tête, le pilote KTM Ajo a cumulé jusqu’à 10 secondes d’avance sur le peloton ! Seul au monde, Fernandez démontre dans sa belle fin de saison un talent impressionnant (qui lui permet de terminer 4e du championnat).

Sa taille (le jeune homme a pris un bon paquet de centimètres en un an) aidant, son team-manager Aki Ajo et KTM ont pris la décision de le faire passer en Moto2 dès 2021. Il sera remplacé en Moto3 par le vainqueur de la Red Bull MotoGP Rookies Cup, Pedro Acosta.

L’impressionnant Foggia et le non moins prometteur Jeremy Alcoba (sacré « rookie of the year ») complètent cet ultime podium 2020 devant Sergio Garcia, 4e. Darryn Binder offre la 6e place au CIP, Deniz Oncu et Ayumu Sasaki terminent respectivement 10e et 13e pour Tech 3.

🏁 Résultats course Moto3 🏁
🏆 Classement final du championnat du monde Moto3 2020 🏆

On marque des points ?

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Tommy Marin

Rédigé par Tommy Marin

Depuis 2003, Sport-Bikes Magazine constitue le fil rouge de sa carrière professionnelle. Après avoir mené différentes activités professionnelles, toujours dans le monde de la moto et des loisirs mécaniques, Tommy est devenu rédacteur en chef de ce magazine de référence sur le sport moto depuis 2012, avant d'en passer éditeur en 2019, puis de créer MOTTO en 2020. Entre deux shootings photo, essais, interviews, créations graphiques, montages vidéo etc., il couvre le championnat du monde MotoGP, fait du vélo, de la batterie... et de la moto, évidemment !

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